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Mot du président

 En 2005, 60 ans après l’inauguration du lycée en baraques sur la place de l’Harteloire, entourée des ruines de la ville anéantie, Claude Spagnol, Jean-René Berthemet, encouragés par le souhait d’Edouard Landrain, député de Loire-Atlantique, lancent l’initiative de la création d’une association des anciens élèves de cet établissement hors normes.

Un article dans le Télégramme, l’exploitation d’une première liste établie en faisant appel aux souvenirs de quelques-uns uns, permirent de réunir en assemblée générale constitutive, le 30 septembre 2005, une soixantaine de membres.

 Depuis, l’organisation de deux sorties, l’une en avril 2006 à Kerhuon, l’autre en août au Faou, à laquelle ont pu se joindre des anciens ayant quitté la région, mais qui lui restent fidèle pour la période estivale, ont permis d’élargir le recrutement et de tracer un programme d’actions dans lesquelles l’association pourrait s’impliquer, conformément à ses statuts.

Mais l’association dont le but est la convivialité retrouvée, ne sera active et vivante que si ses différents membres sont prêts, notamment à partir de ce site informatique, à apporter leur contribution à cet intérêt de se retrouver et d’échanger  les souvenirs communs malgré le temps qui nous a séparé.

 

 

 

 

 

 

                                 Albert LAOT

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Conseil d'admin

Président: Albert Laot
Vice-président: Claude Spagnol
Secrétaire: Yvette Prigent
Trésorier: René-Louis Guiavarch
Trésorier adjoint:: Jean-René Poulmarc'h
Courrier: Annick Blaise
Membres:
Jean-Noël Berthemet
Daniel Gravot

René L'hostis
Bernard Oliveau
Michelle Péron-Pochet
Jeanne Romeur

Archives

15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 15:39

L'un de nos amis recherche une photo de classe de Math-Élem II de l'année 1957-58 et donc prise à Kérichen. Malgré mes efforts je n'y suis pas arrivé. Si vous l'avez, pouvez-vous la faire parvenir à l'adresse du blog.

 Merci braz et d'avance merci

         Le webmaster

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 15:47

     Voici un cliché communiqué par notre ami le Dr Turier et datant de 1940. Les élèves semblent être en 6ième ou 5ième et donc nés en 1927 ou 1928. Si vous vous reconnaissez ou si vous identifiez un des élèves, malgré la qualité moyenne de la photo, pouvez-vous nous le faire savoir par l'intermédiaire du blog? Merci braz!

 

                                              Lycée 1939 1940

 

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 22:12

L’ANGLAIS

 

     Cette scène se déroula au début des années 50 (52 ou 53, je ne me souviens plus) dans la salle de musique, installée alors dans une baraque en bois dans l’ancienne cour de la caserne Fautras. C’est mon frère Loïc qui me l’a raconté, étant l’un des élèves de la classe dont il est ici question.

     Pour cette classe, les cours de musique étaient assurés par une demoiselle d’un certain âge et dont j’ai oublié le nom (mais les anciens élèves ayant eu affaire à elle la reconnaîtront sans aucun doute).

     Cette prof était proche de la retraite et était quelque peu déboussolée à l’idée d’enseigner dans un lycée mixte. En plus de cela, elle enseignait un programme musical assez éloigné des goûts de jeunes élèves de cette époque. Certes, la mode n’était pas encore au “yé-yé” et encore moins au rap. Mais il est clair que les chansons du défunt lycée de jeunes filles, évoquant la douceur du printemps, le soleil de l’été, la splendeur mélancolique de l’automne ou la beauté immaculée de la nature hivernale couverte de neige ne motivaient guère cette jeune audience. De sorte que les cours de musique étaient pour le moins……… mouvementés.

     Les élèves ne cessaient de faire des canulars, commettant notamment des erreurs volontaires, telles que confondant une double croche avec un point d’orgue ou Mozart avec un joueur de football. Ce qui, évidemment, déclenchait des réactions indignées de la prof, traitant la classe de bande de nullités et provoquant des tempêtes de rires. Il lui arrivait cependant d’interpeller un ou une élève par son nom pour l’inviter à se tenir tranquille.

     C’est ainsi qu’un jour elle s’adressa à un élève particulièrement agité, que nous appellerons Pengam. La prof lui fit une remarque du genre “Pengam, veuillez vous tenir tranquille”

     Mais l’élève concerné s’adressa à elle avec politesse pour lui dire : “Pardon, madame, mais je suis anglais et mon nom se prononce PENN GUÉÏM !”

     “ Ah bon, répondit la demoiselle, excusez-moi mais je ne le savais pas. Eh bien Penn Guéïm, restez tranquille !” Naturellement, fous rires dans la classe.

     Par la suite, les cours se déroulaient dans la même joyeuse ambiance malgré les rappels à l’ordre incessants de la prof souvent destinés à l’élève ci-dessus mentionné.

“Penn Guéïm en voilà assez…Pen Guéïm tenez-vous tranquille, Pen Guéïm taisez-vous” etc.…. Ce qui bien sûr n’aboutissait qu’à déclencher  des éclats de rire.

     Malheureusement, un jour arriva ce qui devait arriver. MM. Thébault et Bolloré, les deux surveillants généraux que leur instinct conduisait irrésistiblement vers les endroits du lycée où se déroulaient des choses illicites, arrivèrent dans la cour où se trouvait la salle de musique. Naturellement, leur attention fut immédiatement attirée par les rires et les éclats de voix en provenance de la dite salle et qui n’avait assurément aucun rapport avec  une chanson ou une œuvre symphonique. Ils se dirigèrent donc vers l’endroit en question et pénétrèrent dans la classe.

     Leur entrée provoqua un silence instantané tandis que les élèves se levaient plus terrorisés que Don Juan découvrant la statue du Commandeur…….

     “Assis” commanda sèchement Mr Bolloré, tandis que Mr Thébault se dirigeait vers l’enseignante en lui demandant :

“Eh  bien, mademoiselle, il me semble que les jeunes gens ont une drôle de manière d’assister à vos cours….”

     “Oh oui, Mr Thébault. Ils sont insupportables. Il n’y a pas moyen de travailler sérieusement avec eux !”

     “Ah bon. Eh bien dites-moi, quels sont ceux qui vous posent le plus de problèmes ?”

     “ Oh ! Il y en a beaucoup ! Surtout lui là, l’Anglais” ajouta-t-elle.

     “Hein, quoi ? Intervint Mr Bolloré, l’Anglais, quel Anglais ? Il n’y a pas d’Anglais dans cette classe que je sache ; çà se saurait !!”

     “Mais si, il y en a un, répondit la prof, lui là Penn Guéïn” Et elle désigna l’élève concerné.

     “Ah bon c’est lui l’Anglais ? Ah je ne le savais pas, première nouvelle !” dit Mr Bolloré d’un ton sarcastique.

     Mais Mr Thébault avait immédiatement pris le relais :

     “L’Anglais !! Hurla-t-il en se précipitant vers le délinquant. Ah il est beau l’Anglais, ah oui, il est beau !” Et il ponctuait ses propos de solides paires de claques.

     “Ah  il est beau l’Anglais !”, continua-t-il, tandis que le ci-devant sujet de Sa Gracieuse Majesté frottait piteusement ses joues endolories.

     “Surtout, ajouta Mr Bolloré qui connaissait par cœur le C.V de chaque élève, surtout qu’on vient d’avoir en composition d’anglais une note pas particulièrement brillante, hein ?”

     Mr Thébault saisit la balle au bond :

     “Ah c’est comme çà ? Eh bien, l’Anglais viendra faire des versions et des exercices d’anglais les jeudi et dimanche prochain et le jeudi suivant encore. Cela lui fera le plus grand bien !”

     Et il ajouta, faussement obséquieux, “N’est-ce pas Milord ?”

     Quelques rires se firent entendre dans la salle, vite étouffés, car Mr Thébault venait, sur sa lancée, d’infliger à toute la classe deux heures de “colle” pour le jeudi suivant. À la suite de quoi, il s’adressa à la prof :

     “Eh bien Mademoiselle, si jamais l’un ou l’une de des élèves de cette classe vous cause du souci, n’hésitez surtout pas à me le signaler, je m’en occuperai personnellement !”

     “Oui, Mr le surveillant général, je n’y manquerai pas”

     “Bon, voilà qui est bien. Nous vous disons donc au revoir”

     Et les deux “surgés” quittèrent les lieux, laissant la classe dans une ambiance plus morne que la célèbre plaine de Waterloo, sauf que cette fois c’était l’Anglais qui avait été vaincu !!!!

                                    Jean-Noël Berthemet

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 20:47

     Le vice-amiral Émile Chaline était en Prépa Navale au Lycée de Brest en 1940. Il évoque, ici, le souvenir de ses camarades, qui, comme lui, refusant la défaite, rejoignirent la France Libre et le général De Gaulle.

 

   “ De la flotte Primauguet, dont j'étais, huit élèves se retrou­vèrent en Angleterre et rallièrent la France libre : Henri Chapalain, Gonzague de Poulpiquet, Henri de Rotalier, Maurice Giret, André Labbé, René Le Borgne, André Quélen, Robert Sirnottel. Des cinquante flottards que nous étions, en principe destinés à embrasser une carrière militaire, quatorze seulement se retrouveront après la guerre sous l'uniforme. De la flotte Bretagne seuls trois élèves Georges Lesourd, Jacques Piquet et Paul Harneury répondront à l'appel du Général.

Mais le lycée de Brest sera une relative pépinière de volon­taires pour la France libre : Pierre Collobert, Job Riou, Jean Loaec, Michel Abalan, Roger Podeur, qui sont en cours préparatoire à Saint-Cyr, Pierre Soubigou, André Morvan, René Provost, Jean Appriou, Bizien, Robert Colcanap, Georges Laouénan, André Coz, Jean Baudet, Robert Penhoat, Paul Normand, Edouard Talarmin, Dominique Missoffe, Bernard Scheidhauer, Fernand Perez tous bacheliers ou futurs bacheliers rejoindront l'Angleterre sur des gabarres, des bateaux de pêche à partir des petits ports de la côte nord du Finistère, notamment Le Conquet, l'Aber lldut, Portsall. Que ceux que j'ai oubliés me pardonnent. ”

Le vice-amiral Chaline, ancien préfet maritime de Cherbourg, est le président de l'association des anciens des FNFL (forces navales de la France Libre)

 

 

 

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 20:29

Notre ancienne condisciple et adhérente Madeleine Lamandé (épouse Baldous) recherche des photos de ses classes du lycée  et dont voici la liste :
1949-50 : 6ième VI
1950-51 : 5ième V
1951-52 : 4ième M2
1952-53 : 3ième M2
1953-54 : seconde M3
1954-55 : Première M3
1954- 56 : Philo II

1956-57 : Lettres sup à Kérichen

Merci de lui rendre ce service soit à l'aide des clichés de la photothèque sur Picasa: http://picasaweb.google.com/aaelbb , soit à l'aide de vos documents personnels. Vous pouvez me répondre sur le blog sous forme de commentaire ou en m'adressant un mail à rene.guiavarch@orange.fr
Merci d'avance

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 18:00

Cette histoire, authentique, m'a été contée par Claire Gravot et serait arrivée à l'une de ses amies que nous appellerons Lily, une ancienne du lycée. Claire me certifie que ce petit récit n'est pas autobiographique et quand on voit son visage angélique (ci-contre) et que l'on connaît sa bonne éducation et son langage châtié, on ne peut que la croire sur parole !!!!

J'étais assise dans la salle d'attente pour mon premier rendez-vous avec un nouveau dentiste quand j'ai remarqué que son diplôme était accroché sur le mur.

Il y était inscrit son nom et je me suis soudain remémoré un grand brun portant ce nom.
I
l était dans ma classe de lycée quelques 40 ans auparavant et je me demandais si cela pouvait être le même garçon pour qui j'avais craqué à l'époque ?
Quand je suis entrée dans le cabinet, j'ai immédiatement écarté cette pensée de mon esprit. Cet homme, grisonnant, dégarni et le visage marqué de profondes rides, était bien trop vieux pour avoir été mon amour secret ...

Quoique... Après qu'il eut examiné ma dent, je lui ai demandé s'il était allé au lycée de .......
"Oui", m'a-t-il répondu.
"Quand avez-vous eu votre bac ?", ai-je demandé.
"1959. Pourquoi cette question ?"
 "Eh bien, vous étiez dans ma classe", me suis-je exclamée.
 Et alors cet affreux vieux petit crétin de fils de p...  m'a demandé :
 "Vous étiez prof de quoi ?"

 

 

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 15:59

Un ancien condisciple vient de nous rejoindre dans l'association. Il s'agit d'André Tranvouez qui a fréquenté notre vieux bahut de 1945 à 1950. Après une carrière dans la Marine puis comme ingénieur des constructions navales, il a poursuivi sa vie active comme ingénieur informaticien . Au lycée, il a eu comme compagnons de route Yvette Prigent, Jean-Noël Berthemet et Bernard Oliveau. Il m'a confié quelques photos que je m'empresse de vous faire partager.


    
                                      Classe de 5ième 1 (1945-46)
Assis: Tonnerre, Saout, Roland, Le Goff, Petite
1er rang: Mével, Kervella, (x) Le Guen, Mlle Lambert*, L Guern, (x), (x)
2ième rang: Timot, (x), Morel, (x), Marchand, Pommier, (x), Paugam, (x), A. Tranvouez,, (x), (x)
3ième rang : (x), (x), Maréchal, (x), Oliveau, (x), (x), (x).
* Mlle Lambert, professeure d'Anglais, devenue Madame Tatibouët.
                                                     
L'équipe de foot du Lycée, championne de l'Académie de Rennes en 1949:
Assis et de g à d.: Pronost, Quinquis, Tranvouez, Heutré, Paugam
Debout: Seité, Simon, Jézéquel, Corre, Le Roux, Le Moal, Péron et Monsieur Berthou,professeur de gymnastique 

Ci-dessous, à gauche, l'équipe de foot dans les rues de Saint-Brieuc.
À droite: L'équipe d'athlétisme (relais 3x80m) au stade de l'Armor; Le Roux, Pronost, Tranvouez
.

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 15:11
Voici un texte de notre ami Jean-Noël Berthemet. Vous aussi envoyez-moi vos textes de souvenirs, anecdotes sur notre cher vieux bahut.

 

 

 

   Cette histoire se déroula, au cours de l’année 1945-46, dans la classe de Philo-Lettres, dans laquelle se trouvait mon oncle Henri Mussat* qui me la racontée.

Mlle Le Borgne, devenue par la suite madame Travel, était une professeure de physique à laquelle les nécessités du service avaient contraint le proviseur à lui confier des cours de Sciences Naturelles (je l’avais la même année et dans la même matière en 5ème1**). Ses cours n’étaient pas plus mauvais que ceux d’autres professeurs, mais en matière de chahut (sans aller trop loin quand même), elle se taillait parfois des bâtons pour se faire battre. Ce dont profitaient les garçons qui avaient vite repéré qu’elle en avait un peu peur. Elle avait, comme beaucoup de professeurs femmes, appréhendé d’enseigner dans un lycée mixte dont le lycée de Brest, en 1945, avait été le premier dans le genre.

   Les garçons émaillaient souvent ses cours de plaisanteries plus ou moins fines mais jamais méchantes ni inconvenantes. Et, quand l’occasion se présentait, ils n’hésitaient pas à lui monter de petits canulars…

   Comme dans toute salle de Sciences Naturelles qui se respecte, même dans un lycée où la pénurie d’après-guerre sévissait au maximum, on y trouvait un squelette. Lequel avait donné l’idée à des garçons de la classe de monter la plaisanterie suivante :

   Profitant de l’interclasse de 10 heures qui durait une dizaine de minutes environ, ils pénétrèrent dans la salle et se livrèrent à un mystérieux travail sur le squelette en question. Après quoi, ils sortirent et rejoignirent leurs camarades comme si de rien n’était.

   À l’heure dite, les élèves entrèrent et le cours débuta dans le calme. Je ne me souviens plus de quoi il était question, mais il n’avait aucun rapport avec le squelette. Mais, pendant que Mlle Le Borgne parlait, il lui arrivait de jeter un regard vers le dit squelette et on pouvait y percevoir une sorte de surprise. Et chaque fois que cela se produisait, des rires étouffés se faisaient entendre du côté des garçons, ce qui intriguait fort les filles qui n’étaient pas dans le coup.

   Mais au bout d’un certain temps, n’y tenant plus, Mlle Le Borgne s’arrêta de parler et, se tournant vers le….corps du délit, elle demanda à voix haute :

   “ Mais enfin, qu’est-ce qu’il a ce squelette ?”

   Puis, tout d’un coup, découvrant le travail des garçons, elle s’écria :

   “Ah les imbéciles ! Ils ont mis les jambes à la place des bras et les bras à la place des jambes !!”

   Naturellement, fous rires dans toute la classe. Rires auxquels Mlle Le Borgne ne put s’empêcher de s’associer. Puis, reprenant son sérieux, elle dit : “ Bande de vauriens ! Voulez-vous bien aller me remettre ce squelette comme il faut et dépêchez-vous !!”. Quelques garçons volontaires s’empressèrent d’aller exécuter l’ordre, cependant que la prof les surveillait. “ Et faites attention à ne rien casser, hein ! sinon je vous en ferai payer un autre !!”

   “ Oh ! dit l’un des garçons, si on l’abîme, ce n’est pas grave ! On n’aura qu’à mettre celui du Scrooge*** à la place !!”.

Fous rires à nouveau, mais Mlle Le Borgne intervint :

   “ Voulez-vous bien vous taire, bande d’insolents, ou alors, c’est moi qui vous enverrai tout de suite dans le bureau de monsieur Thébault et on verra s’il appréciera !!”

   La menace pouvant être prise au sérieux, les plaisanteries cessèrent et les garçons achevèrent de remettre le squelette dans son état normal. Et le cours reprit normalement, bien que les élèves continuèrent à jeter au squelette des coups d’œil narquois.

 

* : Devenu quelques années plus tard maître d’internat dans le même établissement.

** : Note de l’auteur.

*** : “Scrooge” Fameux surnom donné au surveillant général en référence à un héros de Dickens. dans “Un conte de Noël”.

Jean-Noël Berthemet

Novembre 2008

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 18:41
Bizutage
Voici une scène de la vie ordinaire de la classe de prépa navale du lycéede l'année 48-49. Il s'agit du bizutage et donc a priori elle se déroule pendant le premier trimestre. Mon frère Jean-Pierre est au premier plan à gauche vêtu d'un grand imperméable(?). Si vous reconnaissez d'autres élèves sur le cliché, faites-le moi savoir.
Autre photo, celle de L'Océan-Liberty en flammes dans la rade de Brest prise en juillet 47 par mon frère (le même), de la gare, quelques minutes avant l'explosion.
 
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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 18:39
Voici comme promis l'article de notre ami H-J Turier sur cet épisode de l'histoire de la ville de Brest:: “La terreur oubliée”.

LA TERREUR OUBLIÉE

 

    L’histoire qui va vous être contée est celle du typhus à Brest en 1757.On n’en parlait pas. On ne connaissait que la “peste rouge” ou la fièvre des vaisseaux. Et pour cause. Cela dit, nous sommes à l’angle que fait le Grand Pont avec le parapet du boulevard Jean Moulin.

    Devant nous la Penfeld qui est un bras de mer et non une rivière. Regardez ses deux rives, ses deux quais. Rive droite c’est la paroisse Saint-Sauveur, rive gauche, Saint-Louis. Novembre 1757.Il fait très froid. Tout le monde bat de la semelle. Qui ? les hommes bien sûr et aussi les chevaux, attelés à des charrettes de tout modèle. Les hommes ont tous des coiffures. Je vois des chapeaux ronds, type ecclésiastique. Je vois des tricornes. Là des aumôniers ici des chirurgiens navigants, pas très nombreux. En revanche, beaucoup de bonnets analogues à ceux de nos nains de jardins, des bonnets verts. Regardez- les bien, ils dominent des souliers ferrés, séparés des pantalons par des anneaux métalliques. Eh oui ! Vous avez deviné : ce sont des galériens, plus tard on les appellera bagnards.

   Que font-ils, tous ces hommes ? Ils attendent un vaisseau. Quoi de plus banal sur un quai, certes, mais le vaisseau n’est pas ordinaire. Les aumôniers s’entretiennent avec les chirurgiens navigants. À terre tous, mais comme tous les marins, ils parlent de leurs campagnes passées, des épidémies passées. Redoutables ces épidémies. Le vrai ennemi du marin n’est pas la mer cruelle ni même le marin de la flotte adverse, c’est le microbe. À l’époque on disait “le mauvais air”, “la malaria” des Italiens. Les chirurgiens parlent des moyens dérisoires en leur possession à bord quand éclate “la fièvre des vaisseaux”. Une fois sur deux, ils ne peuvent qu’assister à l’éjection à tribord en faisant glisser  sur “la planche du coq” le cadavre. L’aumônier se sent plus utile sur un bateau en perdition, beaucoup plus utile que l’homme de l’art. Pourquoi ? À cause du sacrement de l’extrême-onction, certes et surtout pour le réconfort de ses paroles. La mort est omniprésente dans les esprits. La plus grande menace est de mourir sans préparation. Sur chaque navire, il y a un aumônier et une chapelle de fortune dans la “sainte-barbe”.

                                         

                                           Forçats de vogue

 

Les voilà. On distingue très bien à l’horizon sur la rade les mâtures d’un grand voilier. Mais au mât d’artimon flotte un grand pavillon jaune, annonçant la quarantaine. Quarante jours d’isolement, rarement respectés, tant est grande l’urgence. En piteux état, le bateau, tiré par des chaloupes armées par nos fameux galériens : les “forçats de vogue” comme à Marseille au temps des galères. Le bateau approche. Le voilà à quai, rive droite, rive Sainte-Catherine. L’agitation parcourt les rangs des hommes et des chevaux. Le débarquement peut commencer. En colonne par un montent par l’échelle de coupée les bonnets verts et les bonnets rouges, suivis d’un chapeau rond et d’un tricorne. On saura que cales et entreponts débordent de corps étendus. L’examen des malades est superflu. À peine descendus, les passagers encore ingambes mais exténués, se met en place la sinistre noria des invalides et des trépassés, des civières et des suaires. Nos galériens, installés qui sur le pont, qui sur l’échelle, qui sur le plateau des charrettes se passent de l’un à l’autre les fardeaux qu’ils ont saisi à bras le corps, comme on se passe les seaux d’eau dans les incendies.

   Où vont-ils se rendre, une fois lestés de leurs colis humains ces chars métamorphosés au pied levé en ambulances et en corbillards comme on dirait aujourd’hui ? Ils vont gagner les églises de Saint-Sauveur à Recouvrance ou Saint-Louis à “Brest-même”. Mais pas seulement ces lieux de culte métamorphosés en hôpitaux auxiliaires, car les vrais centres de soins sont combles. Ce vaisseau qui vient d’accoster n’est que le premier d’une série de bâtiments atteints par la fièvre, ce mal qui répand la terreur. Pendant quelques semaines se répètera le va et vient des véhicules porteurs de peste. Pendant quelques semaines, quasiment jour après jour, les bâtiments maudits continueront leur livraison de malheur, comme si le fléau avait réuni ses forces en haute mer avant de déferler sur le grand port du Ponant devenu, depuis quelques décennies, La Mecque des épidémies. Du matin au soir sur les rues et les routes allant à Saint-Sauveur ou à Saint-Louis ne s’entendent que les pas lourds des chevaux et le roulement des véhicules sous le vol criard des goélands attirés par cette provende insolite. “Les malades tombent comme des mouches” disent les chroniques du temps.

 

Chenched penn ar vaz

(De la mer à la terre)

 

   Pendant quelques semaines la “peste rouge”, la fièvre des vaisseaux, comme son nom l’indique, sortira des entreponts et des cales. Il est de bon ton de dire que la fortune de Brest tient à la marine. Ce n’est pas toujours le cas. Au bout d’un mois se fit une récession du fléau, mais ce n’était qu’une accalmie. On se passait le flambeau. De naval, il devenait urbain. À mesure que diminuait le nombre de pestiférés en uniforme, apparaissait puis s’amplifiait celui des victimes civiles. Inimaginable ! Les cadavres jonchaient les rues. D’où venait cette contamination sur la terre ferme ? Des immondices entassées sur la voie publique que n’arrivaient pas à enlever malgré tous leurs efforts, les “nettoyeurs”. Ces nettoyeurs, on le devine, n’étaient pas des bénévoles. C’était encore nos galériens. Ils paieront un lourd tribut à la peste, nos forçats. On leur avait promis la libération à l’issue de cet hiver meurtrier. Bien peu en profitèrent. Et les décès s’accumulaient. “L’air de mort et de désolation qui règne sur le port me fait gémir ; silence affreux, solitude désolée”. Voilà ce qu’écrivait en décembre, un inspecteur des garde-côte. Brest devenait une ville morte.

   N’y avait-il donc aucun moyen de lutter contre cette épidémie ? On le sait, mieux vaut prévenir que guérir. La prévention idéale est divinement simple : isoler et fuir. Le surréalisme mêlé de perversion eut été de faire de tous ces vaisseaux mortifères des lazarets flottants. Gardez vos malades. Qu’ils ne débarquent que morts ou guéris !! Quant à la fuite salvatrice,, , elle est, elle aussi, délicieusement théorique et elle aboutirait à allumer des foyers d’infection ailleurs. Alors ? Alors on se protège comme on peut : se terrer dans son domicile ne remuer ni pied ni patte tant que l’alerte n’est pas levée, s’écarter des sujets suspects. Rien n’a pu empêcher une angoisse de haut niveau de régner dans les rues.. “Que Dieu te bénisse” disait-on à celui qui éternuait. Ne serait-ce pas un signe, un premier signe du mal qui répand la terreur ? Sans oublier l’air, le mauvais air, qu’il convient de purifier. Et en avant, aux carrefours, les brasiers de plantes médicinales de toute nature : genet, laurier, camomille saupoudrés d’encens. Le recours au surnaturel est plus que jamais nécessaire. N’hésitons pas à évoquer Cosme et Damien, Sébastien et Roch. En ce siècle des lumières on fait fi de tout scepticisme railleur. On prie et on veille, on veille et on prie.

   Mieux vaut prévenir que guérir, on le sait. Mais quand la prévention a une valeur voisine de zéro, tournons-nous vers le traitement curatif. Hélas il ne vaut pas mieux. Depuis Hippocrate, on sait que la santé de l’homme est un équilibre entre quatre humeurs, elles-mêmes dépendant des quatre éléments de l’univers. L’air est un de ces éléments. Les anciens ne peuvent ni se tromper ni nous tromper. Diafoirus ne pensait pas autrement. Et en avant les purgatifs, les vomitifs, les sudatifs et les saignées. Dans la douzaine d’hôpitaux auxiliaires installés çà et là, de toute urgence, le spectacle était le même : se faufilant entre les rangées de moribonds, de morts-vivants recroquevillés ou étendus sur les jonchées de paille, un va-et-vient trépidant de religieux, de religieuses, de “fraters” et de “galopins”, mais surtout de forçats, élevés au rang de“forçats-infirmiers” par décision ministérielle. Imaginons autour de ces bénévoles au grand cœur le tourbillon des clystères des lancettes et bien sûr des suaires. Et toute cette agitation dans un concert de gémissements, de râles, de cris, d’invocations. Et flottant au-dessus de ces bruits, une odeur pestilentielle. On a parlé des “hommes de peine”, n’ayons garde d’oublier les autres, les chapeaux ronds et les tricornes, les aumôniers et les chirurgiens. Si la mission de ceux-ci se fait avec des moyens terriblement changeants au cours des siècles, du moins quant à la science médicale, la mission des aumôniers ne varie pas : préparer à ceux que les incroyants appellent un saut dans l’inconnu. À l’œuvre dans les coursives et les “saintes-barbes” des navires, ils le sont encore plus dans ces mouroirs sur la terre ferme que sont les hôpitaux auxiliaires.

 

Egist chas

 

“Ma ni ked trist ! Lakad tud en douar egist chas”

 

   “-Qu’est-ce qu’il raconte ? Toi qui parles breton, tu as compris ce que dit le charretier ?

-Oui, il dit que c’est triste d’enterrer des chrétiens comme des chiens. ”

Le paysan est un homme de Lambézellec, requis par les autorités, comme avant avait été requis, on l’a vu, le personnel soignant de toute la province. Sa mission : transporter dans sa charrette les victimes décédées. En effet, sous la bâche qui s’étend entre les deux ridelles des corps humains enveloppés de suaires. On reconnaît à cent pas, à cause de leurs chaînes aux pieds, de leurs bonnets verts, de leur casaque de même couleur et de leurs souliers ferrés, les deux marcheurs au cul du char : deux galériens.

   Le cheval s’est arrêté, arrivé à pied d’œuvre sur le terre plein du plateau de Kérivin à Lambézellec. C’est un champ d’avoine. Tout se passe comme si depuis quelques  semaines était tombée ici une pluie d’obus d’artillerie ; tout le sol est défoncé. Partout des fosses côtoyant des bourrelets de terre fraîchement remuée, partout des tonneaux de chaux vive. Dans l’une de ces fosses s’agite un autre forçat dont on aperçoit que la tête et les bras en mouvement, prolongés par une pioche ou une pelle. Nos deux bonnets verts sont venus lui prêter main forte en prenant sa relève au fond du trou. C’est un cimetière “sauvage”. Comme on le voit, les galériens sont mis à toutes les sauces : rameurs, dockers, ensevelisseurs, nettoyeurs de w.c et maintenant fossoyeurs.

Près d’eux, enfoncés à la va comme je te pousse, des pieux de bois en forme de croix, signant la nouvelle vocation du champ de céréales : une nécropole, mais chrétienne. Ne sommes-nous pas tous des sujets du roi très chrétien ?

   La mission de ces détenus est de même ordre que celle de leurs compagnons de misère sur le quai : éloigner la source du mal qui continue à agir, même à titre posthume. Enfouir au plus vite les restes de ces marins parvenus à leur dernière escale et des civils qu’ils ont à leur insu, précipités dans la même infortune. Une pelletée de terre, une pelletée de chaux. Si d’aventure s’approche un aumônier, un signe de croix en écho à celui du prêtre. Et on passe au trou suivant. Même décor sonore que dans les rues menant à Saint-Sauveur ou à Saint-Louis : essieux grinçants, roues cahotantes, chevaux qui sabotent et cris assourdissants des oiseaux de mer.

   Jour après jour, se suivront les convois pitoyables et les creusements de tranchées sinistres, derniers maillons d’une chaîne de misère et de deuil qui ne prendra fin qu’au début du printemps de 1758.

 

Mémento- Kenavo

 

Passent les ans. Novembre 2007. Le misérable champ d’avoine de Kérivin, saccagé par les excavations mortuaires, s’est métamorphosé en ce remarquable cimetière de Saint-Martin. Une forêt de croix de granit poli et de marbre s’étend à perte de vue, laissant émerger, çà et là, chapelles funéraires et mausolées de grand prix lançant vers le ciel pinacles, stèles, clochetons et coupoles, témoignage de la reconnaissance de leurs successeurs aux chers disparus.

   Chaque jour de la Toussaint, confondu avec le jour des morts, la nécropole la plus vaste de Brest disparaît sous la houle polychrome des cyclamens, chrysanthèmes, bruyères et compositions florales rivalisant d’originalité.

   Je n’ai pu m’empêcher de faire un saut dans le passé, un deuxième après celui du belvédère Jean Moulin. Cette fois j’ai un interlocuteur, en casquette et vareuse bleu marine : c’est le gardien du cimetière.

   «- Savez-vous où se trouvent enterrés les victimes de l’épidémie de 1757 ? Les Brestois et les bagnards, bien sûr ?

-          Une épidémie ? Première nouvelle ! Des bagnards à Brest ? Drôles de citoyens, vous ne trouvez pas ? »

   Je trouve moi aussi. Un opuscule déniché à la médiathèque de Lambézellec me renseigne. On suppose qu’ils sont enterrés au coin de la rue Yves Collet et de la rue Kerjean Vraz. Faisons un vœu devant cette sépulture virtuelle. Qu’un simple écriteau fixé au mur rappelle que ces aumôniers, ces chirurgiens, ces galériens et tant d’autres héros du quotidien se sont dévoués, sans compter, au risque de leur vie. Le grand port du Ponant leur doit bien cela.

   À eux ces trois vers qui ne sont ni de Déroulède ni de Charles Péguy mais d’un anonyme comme l’étaient ces pauvres victimes:

                                                    “  Fais ta besogne dans ton coin

                                             À l’ombre, muet, sans témoin
                                            Il n'importe pas qu'on te nomme”

                                     

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