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Mot du président

 En 2005, 60 ans après l’inauguration du lycée en baraques sur la place de l’Harteloire, entourée des ruines de la ville anéantie, Claude Spagnol, Jean-René Berthemet, encouragés par le souhait d’Edouard Landrain, député de Loire-Atlantique, lancent l’initiative de la création d’une association des anciens élèves de cet établissement hors normes.

Un article dans le Télégramme, l’exploitation d’une première liste établie en faisant appel aux souvenirs de quelques-uns uns, permirent de réunir en assemblée générale constitutive, le 30 septembre 2005, une soixantaine de membres.

 Depuis, l’organisation de deux sorties, l’une en avril 2006 à Kerhuon, l’autre en août au Faou, à laquelle ont pu se joindre des anciens ayant quitté la région, mais qui lui restent fidèle pour la période estivale, ont permis d’élargir le recrutement et de tracer un programme d’actions dans lesquelles l’association pourrait s’impliquer, conformément à ses statuts.

Mais l’association dont le but est la convivialité retrouvée, ne sera active et vivante que si ses différents membres sont prêts, notamment à partir de ce site informatique, à apporter leur contribution à cet intérêt de se retrouver et d’échanger  les souvenirs communs malgré le temps qui nous a séparé.

 

 

 

 

 

 

                                 Albert LAOT

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Président: Albert Laot
Vice-président: Claude Spagnol
Secrétaire: Yvette Prigent
Trésorier: René-Louis Guiavarch
Trésorier adjoint:: Jean-René Poulmarc'h
Courrier: Annick Blaise
Membres:
Jean-Noël Berthemet
Daniel Gravot

René L'hostis
Bernard Oliveau
Michelle Péron-Pochet
Jeanne Romeur

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 16:15

NAUFRAGE ET AGONIE

 

Le radeau de la Méduse

                                             radeau-de-la-meduse-1-1-.png

 

 

     

 

     “-L’amarre s’est rompue. Le radeau n’est plus remorqué !

     -Que doit-on faire alors ? L’abandonner ?

     -L’abandonner ! ”

Rien ne résume mieux la situation que cet échange de phrases entre ces deux hommes dont l’un est  le commandant du navire, seul maître à bord après Dieu dans toutes les marines du monde et l’autre l’un de ses adjoints. Mais c’est le commandant qui pose les questions, ce qui montre son incompétence et une autorité qui laisse à désirer.

     La frégate la Méduse qui a appareillé de l’île d’Aix le 17 juin 1816 vient de s’échouer ce 2 juillet sur le banc d’Arguin à 160 km de la côte mauritanienne et la faute en incombe au commandant Duroy de Chaumarey. Chacun des trois cents et quelques passagers qu’elle menait à Saint-Louis du Sénégal croit sa dernière heure arrivée. Heureusement la moitié d’entre eux pourra en se tassant embarquer sur les cinq canots de sauvetage réglementaires qui gagneront à force de rames la côte africaine. Et l’autre moitié ? Elle ira sur le radeau. Celui-ci n’est en réalité qu’une épave à la dérive et ses occupants condamnés à l’abandon. Qui eût pensé  que ce radeau qui eût du être une planche de salut pour les cent cinquante abandonnés allait être ourla quasi-totalité leur dernière demeure?  Cette embarcation de fortune n’est en fait qu’un caillebotis flottant, tanguant et roulant, fait de madriers, de mâts, de vergues assemblés en urgence et liés par des drisses, des haubans et autres filins arrachés au navire en détresse. Aux traumatismes inévitables par chocs et contusions va s’ajouter très vite la torture de la faim, de la soif et du désespoir conduisant au suicide et à l’homicide volontaire par noyade et arme blanche.

     Jour après jour, ce radeau sera le théâtre d’un calvaire, véritable “struggle for life” que Darwin préférait appeler “survivance du plus apte”. Après quatorze jours et quatorze nuits, ne resteront“àbord”que quinze des plus aptes.

     Trois de ces miraculés survivants ont été vus et interrogés à Morlaix par Boucher de Perthes, l’archéologue bien connu des Bretons. Leur récit fait frémir. “Nous nous sommes nourris de chair humaine. Nos sauveteurs ont pu voir sur le plancher des lambeaux de peau et de chair mis à sécher. Certains d’entre nous n’attendaient pas que les malheureux fussent morts. On les tuait.” L’action judiciaire eut le retentissement qu’on devine et partagea la France de la Restauration en deux, un peu comme cinquante ans plus tard, l’affaire Dreyfus. Ici ce n’était pas l’État-Major de l’armée qui était mis à mal mais celui de la Marine qui eut préféré que l’on jetât un voile pudique sur cette “fortune de mer”. Le capitaine “courageux” Chaumarey, coupable inconscient du naufrage et du sauve qui peut qu’il a entraîné a été condamné à trois ans de prison, dégradé, radié des ordres de chevalerie (Saint-Louis et Légion d'Honneur). Le restant de ses jours (il mourra en 1841) il sera accablé d'injures.Sa dépouille ira à la fosse commune. En vérité, comme le dit Alain Decaux qui a longuement étudié le drame, ce procès, ce n'est pas un magistrat qui l'a instruit, ce n'est pas un tribunal qui l'a jugé. Le réquisitoire c'est le peintre Géricault qui l'a écrit avec son pinceau.Son tableau a fait le tour du monde et on peut saluer son courage, son audace et son génie. .  

                                        

                                                         Brest le 02/02/2012

                                                                 H-J Turier     

 

 

 

                                

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