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Mot du président

 En 2005, 60 ans après l’inauguration du lycée en baraques sur la place de l’Harteloire, entourée des ruines de la ville anéantie, Claude Spagnol, Jean-René Berthemet, encouragés par le souhait d’Edouard Landrain, député de Loire-Atlantique, lancent l’initiative de la création d’une association des anciens élèves de cet établissement hors normes.

Un article dans le Télégramme, l’exploitation d’une première liste établie en faisant appel aux souvenirs de quelques-uns uns, permirent de réunir en assemblée générale constitutive, le 30 septembre 2005, une soixantaine de membres.

 Depuis, l’organisation de deux sorties, l’une en avril 2006 à Kerhuon, l’autre en août au Faou, à laquelle ont pu se joindre des anciens ayant quitté la région, mais qui lui restent fidèle pour la période estivale, ont permis d’élargir le recrutement et de tracer un programme d’actions dans lesquelles l’association pourrait s’impliquer, conformément à ses statuts.

Mais l’association dont le but est la convivialité retrouvée, ne sera active et vivante que si ses différents membres sont prêts, notamment à partir de ce site informatique, à apporter leur contribution à cet intérêt de se retrouver et d’échanger  les souvenirs communs malgré le temps qui nous a séparé.

 

 

 

 

 

 

                                 Albert LAOT

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Conseil d'admin

Président: Albert Laot
Vice-président: Claude Spagnol
Secrétaire: Yvette Prigent
Trésorier: René-Louis Guiavarch
Trésorier adjoint:: Jean-René Poulmarc'h
Courrier: Annick Blaise
Membres:
Jean-Noël Berthemet
Daniel Gravot

René L'hostis
Bernard Oliveau
Michelle Péron-Pochet
Jeanne Romeur

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 16:14

Pour ceux qui n'auraient pu assister à l'excellent exposé de Jacques Gasnier le 19 mai 2009 sur la pose des câbles dans l'anse du Petit-Minou, en voici un très bon résumé.
002.jpg
Maître Jacques dans ses œuvres!!

L'anse du Petit Minou un certain mois de juin 1869

Les évènements qui vont être décrits ci-après prennent vie quelques années auparavant.

Tout débute en 1858 quand un certain Cyrus Field décide de concrétiser un projet qui lui tenait à cœur, offrir la possibilité à deux continents d'être reliés par un câble télégraphique transatlantique. Ceci aboutit à la pose d'un premier câble entre Terre-Neuve et l'Irlande. Cet essai ne fut pas concluant, le câble ayant été rapidement interrompu. Malgré son coût et les pertes subies par les actionnaires, les anglais entreprirent de renouveler l'opération, et dès 1866 l'Angleterre fut de nouveau reliée au nouveau monde par 2 câbles, car pendant la pose de ce dernier, ils eurent la chance de récupérer celui posé en 1858.

Compte tenu des rivalités diverses entre l'Angleterre et la France, cette dernière ne pouvait pas rester sans réagir. Aussi au cours de l'année 1868 il fut décidé de poser un câble entre la France et Saint Pierre et Miquelon, prolongé vers les Etats-Unis. Pour cela la création de la Société du Câble Transatlantique français fut confiée à deux fmanciers; le Baron d'Erlanger à Paris et à Julius Reuters (fondateur de l'agence de presse) à Londres, société au capital de 6 millions de dollars. La souscription se fit au moyen de 60.000 actions de 100 dollars et le capital fut réuni en moins de 8 jours. Cette société restait de toute façon d'obédience anglaise compte tenu des origines des deux partenaires tous deux de famille d'origine anglaise ... Et toute l'histoire de la télégraphie sous-marine française sera soumise à la volonté des Anglais d'une part et des Américains d'autre part par la suite.
cables7

Le câble fut conçu, et réalisé par la Telegraph Construction and Maintenance Cy qui avait alors le monopole de la fabrication et qui avait procédé à la pose des 2 précédents câbles. C'est ainsi que l'exploitation fut confiée à L'Anglo American Câble Co. Le contrat initial stipulait que l'ensemble des opérations de fabrication et d'embarquement du câble devaient être réalisées en moins de 355 jours de travail à compter du I" juin 186~. Le délai fut respecté et le matin du 12 juin 1869 la flotte quitta la Tamise et mit le cap sur l'anse du Petit Minou. cables 8

Depuis le 15 juin, le Chiltern, navire accompagnateur a commencé les premières opérations de pose du câble depuis la station dans l'attente de remettre la seconde extrémité au Great Eastern chargé de la réalisation du projet à travers l'océan atlantique.

Le Great Eastern est en fait un ancien paquebot. Navire révolutionnaire pour l'époque car possédant une coque entièrement métallique et muni de moyens de propulsions transitoires à savoir le maintien de la voile (6 mâts), équipement de chaudières à vapeur (5 cheminées), de roues à aubes et d'une hélice comme il apparaît ci-dessous.
cable 9 

Ses dimensions: longueur 225 m, largeur 39m, déplacement 25.000 tonnes, puissance 11.000 cv.

A son arrivée au large de l'anse du Petit Minou, le G. E. se positionna à environ 20 mille nautiques à la limite des eaux territoriales, car il semblerait qu'il fut sous la menace d'une saisie judiciaire. En effet le commandant, Mr Anderson refusa l'accès à bord de toutes les personnalités y compris les représentants officiels ce qui provoqua le courroux de la presse parisienne qui refusa de couvrir l'évènement et de participer aux agapes liées à cet évènement; les supplications du baron Erlanger n'y firent rien. Ce qui explique peut-être, en partie, la surprise de nos concitoyens quand on vint à en parler.


Dés le 17 juin les opérations de raccordement du câble posé par le Chiltem avec la partie embarquée à bord du G .E. commencèrent et dans la nuit du 20 au 21 le G .E. mit le cap sur l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon.

Pendant toute la durée de la traversée relativement calme, si ce n'est une violente tempête qui obligea l'équipe technique à sectionner le câble et le mettre sur bouée pour éviter une rupture non contrôlée, quelques défauts sur la partie portant l'isolant apparurent nécessitant de petites réparations. Ceci n'altéra en rien la liaison maintenue à travers le câble avec la station du Petit Minou. En effet, toutes les cinq minutes un signal était adressé à la station, qui répondait pour signaler que tout était OK, sur toute la longueur du câble embarqué soit la distance totale du câble 6.180 kms. Les techniciens eurent la confirmation, de leurs tests antérieurs, que la qualité des signaux s'améliorait régulièrement compte tenu de la longueur de câble immergé. Le G.E. accompagné de la flotte atteignit Saint-Pierre et Miquelon le 12 juillet. Les opérations d'atterrissement terminées il reprit la mer le 18 juillet et arriva à Duxbury situé dans la presqu'île de Cap Cod (mass), terminal de la liaison, le matin du 23 juillet.

La pose définitive étant terminée, le 27 juillet fut déclaré jour de fête et environ 5.000 personnes venues de Boston assistèrent aux festivités et aux nombreux discours et toasts portés.
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Le G.E repartit aussitôt vers l'Angleterre pour y charger du câble destiné à la future liaison sous-marine entre l'Inde et l'Australie. À partir de cette période le nombre de milles nautiques de câbles posés par les différentes compagnies ou administrations est considérable.
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Découvrons les secrets des ficelles...

L'opération de pose du câble terminée, il fallut commencer son exploitation très rapidement
.

Le but de l'opération étant la transmission et la réception de « câblogrammes », il y avait donc à chaque extrémité les opérateurs chargés de l'exploitation qui se fit dans un premier temps à l'alternat.

La transmission se faisait par l'utilisation du code Morse largement diffusé à cette époque sur les lignes terrestres pour des distances relativement courtes, à travers tous les continents. Il n'en était pas de même pour une exploitation sur un conducteur d'une telle longueur et devant répondre à des spécificités bien particulières. De ce il fut fait usage d'un transmetteur à 2 touches ou clés, l'une celle de gauche correspondant à la transmission d'un signal positif (le point), celle de droite correspondant à la transmission d'un signal négatif (le trait). Ceci permettant de maintenir le câble dans de bonnes conditions d'exploitation.

cable 12

 

La réception du signal se faisait par lecture optique du signal. Le conducteur du câble arrivait aux bornes d'un galvanomètre à cadran mobile selon le schéma ci-dessous :
cable 13

À partir d'une source, un signal lumineux arrivait sur un miroir fixé sur la bobine placée entre deux électro-aimants et était renvoyé sur une règle graduée placée à une certaine distance de ce miroir. Le déplacement du spot lumineux par rapport au point médiant de la règle indiqué soit un trait soit un point. La lettre « E », un point, la lettre « A » un point un trait soit un déplacement vers la gauche et aussitôt suivi dans la continuité d'un déplacement vers la droite.

Un premier opérateur lisait à voix haute la lettre ou le chiffre reçu, un second opérateur transcrivait les indications de son opérateur et le cas échéant un troisième opérateur retransmettait le message vers sa destination ...

Ce système d'exploitation, qui n'offrait pas beaucoup de garanties, il n'y avait pas de trace des signaux reçus, fut très rapidement remplacé par le système dit « recorder». Le principe en était le même mais le signal réceptionné de façon identique ne l'était plus via un miroir et un spot lumineux, mais par un siphon de verre, trempant dans un encrier et traçant le signal perçu sur une bande défilante selon le schéma ci-dessous :


cable 14

Puis les techniques évoluant, l'échange de trafic se fit non plus à l'alternat mais en duplex, chaque station transmettant simultanément ce qui eut pour résultat de doubler la vitesse d'exploitation du Câble. La transmission par perforateur et transmetteur automatique s'imposa par la suite pour finir non pas par la continuité du code morse par divers codes types Baudot, Hughes ... puis par l'usage du télétype, du fax et maintenant Internet mais ceci est une autre ère ...

Le conducteur lui-même évolua rapidement car de télégraphique il devint dans un premier temps, téléphonique par l'apparition dès 1952 des premiers câbles co-axiaux, (douze circuits téléphoniques correspondant chacun à 12 circuits télégraphiques) suivis des câbles à fibre optique ....

Notre câble subit bien des avatars car dès 1873, suite à la guerre de 1870/1871, la France étant ruinée, et à des tractations financières la Compagnie Anglo American Telegraph, le vendit à une compagnie américaine. il fallut attendre l'année 1879 pour que la France dispose d'un autre câble transatlantique direct cette fois entre la France et les Usa. C'était à l'époque le plus long câble transatlantique. Lui aussi eut une existence agitée mais le séisme de 1929 dans la zône des Antilles eut raison de son activité. Seul, le dernier posé en 1898/1899 depuis Déolen termina sa glorieuse existence en 1961 cédant la place aux câbles co-axiaux posés depuis Penmarc'h et St Hilaire de Riez.

J. GASNlER

Sources: l'Illustration, Billburn (USA), diverses encyclopédies ..

 

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