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Mot du président

 En 2005, 60 ans après l’inauguration du lycée en baraques sur la place de l’Harteloire, entourée des ruines de la ville anéantie, Claude Spagnol, Jean-René Berthemet, encouragés par le souhait d’Edouard Landrain, député de Loire-Atlantique, lancent l’initiative de la création d’une association des anciens élèves de cet établissement hors normes.

Un article dans le Télégramme, l’exploitation d’une première liste établie en faisant appel aux souvenirs de quelques-uns uns, permirent de réunir en assemblée générale constitutive, le 30 septembre 2005, une soixantaine de membres.

 Depuis, l’organisation de deux sorties, l’une en avril 2006 à Kerhuon, l’autre en août au Faou, à laquelle ont pu se joindre des anciens ayant quitté la région, mais qui lui restent fidèle pour la période estivale, ont permis d’élargir le recrutement et de tracer un programme d’actions dans lesquelles l’association pourrait s’impliquer, conformément à ses statuts.

Mais l’association dont le but est la convivialité retrouvée, ne sera active et vivante que si ses différents membres sont prêts, notamment à partir de ce site informatique, à apporter leur contribution à cet intérêt de se retrouver et d’échanger  les souvenirs communs malgré le temps qui nous a séparé.

 

 

 

 

 

 

                                 Albert LAOT

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Conseil d'admin

Président: Albert Laot
Vice-président: Claude Spagnol
Secrétaire: Yvette Prigent
Trésorier: René-Louis Guiavarch
Trésorier adjoint:: Jean-René Poulmarc'h
Courrier: Annick Blaise
Membres:
Jean-Noël Berthemet
Daniel Gravot

René L'hostis
Bernard Oliveau
Michelle Péron-Pochet
Jeanne Romeur

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 22:12

L’ANGLAIS

 

     Cette scène se déroula au début des années 50 (52 ou 53, je ne me souviens plus) dans la salle de musique, installée alors dans une baraque en bois dans l’ancienne cour de la caserne Fautras. C’est mon frère Loïc qui me l’a raconté, étant l’un des élèves de la classe dont il est ici question.

     Pour cette classe, les cours de musique étaient assurés par une demoiselle d’un certain âge et dont j’ai oublié le nom (mais les anciens élèves ayant eu affaire à elle la reconnaîtront sans aucun doute).

     Cette prof était proche de la retraite et était quelque peu déboussolée à l’idée d’enseigner dans un lycée mixte. En plus de cela, elle enseignait un programme musical assez éloigné des goûts de jeunes élèves de cette époque. Certes, la mode n’était pas encore au “yé-yé” et encore moins au rap. Mais il est clair que les chansons du défunt lycée de jeunes filles, évoquant la douceur du printemps, le soleil de l’été, la splendeur mélancolique de l’automne ou la beauté immaculée de la nature hivernale couverte de neige ne motivaient guère cette jeune audience. De sorte que les cours de musique étaient pour le moins……… mouvementés.

     Les élèves ne cessaient de faire des canulars, commettant notamment des erreurs volontaires, telles que confondant une double croche avec un point d’orgue ou Mozart avec un joueur de football. Ce qui, évidemment, déclenchait des réactions indignées de la prof, traitant la classe de bande de nullités et provoquant des tempêtes de rires. Il lui arrivait cependant d’interpeller un ou une élève par son nom pour l’inviter à se tenir tranquille.

     C’est ainsi qu’un jour elle s’adressa à un élève particulièrement agité, que nous appellerons Pengam. La prof lui fit une remarque du genre “Pengam, veuillez vous tenir tranquille”

     Mais l’élève concerné s’adressa à elle avec politesse pour lui dire : “Pardon, madame, mais je suis anglais et mon nom se prononce PENN GUÉÏM !”

     “ Ah bon, répondit la demoiselle, excusez-moi mais je ne le savais pas. Eh bien Penn Guéïm, restez tranquille !” Naturellement, fous rires dans la classe.

     Par la suite, les cours se déroulaient dans la même joyeuse ambiance malgré les rappels à l’ordre incessants de la prof souvent destinés à l’élève ci-dessus mentionné.

“Penn Guéïm en voilà assez…Pen Guéïm tenez-vous tranquille, Pen Guéïm taisez-vous” etc.…. Ce qui bien sûr n’aboutissait qu’à déclencher  des éclats de rire.

     Malheureusement, un jour arriva ce qui devait arriver. MM. Thébault et Bolloré, les deux surveillants généraux que leur instinct conduisait irrésistiblement vers les endroits du lycée où se déroulaient des choses illicites, arrivèrent dans la cour où se trouvait la salle de musique. Naturellement, leur attention fut immédiatement attirée par les rires et les éclats de voix en provenance de la dite salle et qui n’avait assurément aucun rapport avec  une chanson ou une œuvre symphonique. Ils se dirigèrent donc vers l’endroit en question et pénétrèrent dans la classe.

     Leur entrée provoqua un silence instantané tandis que les élèves se levaient plus terrorisés que Don Juan découvrant la statue du Commandeur…….

     “Assis” commanda sèchement Mr Bolloré, tandis que Mr Thébault se dirigeait vers l’enseignante en lui demandant :

“Eh  bien, mademoiselle, il me semble que les jeunes gens ont une drôle de manière d’assister à vos cours….”

     “Oh oui, Mr Thébault. Ils sont insupportables. Il n’y a pas moyen de travailler sérieusement avec eux !”

     “Ah bon. Eh bien dites-moi, quels sont ceux qui vous posent le plus de problèmes ?”

     “ Oh ! Il y en a beaucoup ! Surtout lui là, l’Anglais” ajouta-t-elle.

     “Hein, quoi ? Intervint Mr Bolloré, l’Anglais, quel Anglais ? Il n’y a pas d’Anglais dans cette classe que je sache ; çà se saurait !!”

     “Mais si, il y en a un, répondit la prof, lui là Penn Guéïn” Et elle désigna l’élève concerné.

     “Ah bon c’est lui l’Anglais ? Ah je ne le savais pas, première nouvelle !” dit Mr Bolloré d’un ton sarcastique.

     Mais Mr Thébault avait immédiatement pris le relais :

     “L’Anglais !! Hurla-t-il en se précipitant vers le délinquant. Ah il est beau l’Anglais, ah oui, il est beau !” Et il ponctuait ses propos de solides paires de claques.

     “Ah  il est beau l’Anglais !”, continua-t-il, tandis que le ci-devant sujet de Sa Gracieuse Majesté frottait piteusement ses joues endolories.

     “Surtout, ajouta Mr Bolloré qui connaissait par cœur le C.V de chaque élève, surtout qu’on vient d’avoir en composition d’anglais une note pas particulièrement brillante, hein ?”

     Mr Thébault saisit la balle au bond :

     “Ah c’est comme çà ? Eh bien, l’Anglais viendra faire des versions et des exercices d’anglais les jeudi et dimanche prochain et le jeudi suivant encore. Cela lui fera le plus grand bien !”

     Et il ajouta, faussement obséquieux, “N’est-ce pas Milord ?”

     Quelques rires se firent entendre dans la salle, vite étouffés, car Mr Thébault venait, sur sa lancée, d’infliger à toute la classe deux heures de “colle” pour le jeudi suivant. À la suite de quoi, il s’adressa à la prof :

     “Eh bien Mademoiselle, si jamais l’un ou l’une de des élèves de cette classe vous cause du souci, n’hésitez surtout pas à me le signaler, je m’en occuperai personnellement !”

     “Oui, Mr le surveillant général, je n’y manquerai pas”

     “Bon, voilà qui est bien. Nous vous disons donc au revoir”

     Et les deux “surgés” quittèrent les lieux, laissant la classe dans une ambiance plus morne que la célèbre plaine de Waterloo, sauf que cette fois c’était l’Anglais qui avait été vaincu !!!!

                                    Jean-Noël Berthemet

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